Parti QuébécoisEtienne-Alexis Boucher, Johnson
Porte-parole de l'opposition officielle en matière de voirie

Les confidences d'Etienne-Alexis


Source: Ariane Faribault, Pensée de Bagot
28 juillet 2010


Il avait déjà un nom, mais au cours des 18 derniers mois, il s’est fait un prénom. S’il a suivi les traces de son père Claude, en devenant député de Johnson en décembre 2008, Etienne-Alexis Boucher trace maintenant son propre chemin dans le monde politique et il adore le métier qu’il découvre.

« C’est le plus beau métier du monde, indique le député. C’est exigeant, mais c’est vraiment passionnant. Et en plus, j’ai le privilège de faire ce que j’aime. En travaillant pour mon père comme attaché politique, j’avais eu la chance de voir la parade de très près, mais c’est quand même différent de se retrouver dans la parade. Mais honnêtement, c’est encore mieux que je pensais. »

Étrangement, même si son père a été député pendant 13 ans et qu’il a complété des études en sciences politiques, Etienne-Alexis Boucher n’avait jamais pensé devenir député.

« Quand j’étudiais en sciences politiques, on me demandait souvent ce que je voulais faire et je parlais d’être professeur, journaliste, fonctionnaire, mais jamais je n’ai parlé de politique active, raconte-t-il. C’est vraiment lorsque j’ai commencé à travailler pour Claude en 2003 que je me suis rendu compte que c’est un métier très intéressant, qui pourrait me convenir. »

Il faut dire que les inconvénients de la vie politique, il les connaissait mieux que quiconque. « Comme fils d’un ancien député, j’étais très bien placé pour connaître les impacts de la vie politique sur la vie personnelle. Je savais ce que c’était et je voyais souvent mon père partir pour Québec. Mais j’ai fini par céder à la tentation. »

Un an et demi après la défaite électorale de son père, emporté par la puissante vague adéquiste de 2007, Etienne-Alexis Boucher s’est donc lancé dans une campagne électorale, avec un allié de taille près de lui.

« Au départ, le plan de match de ma campagne électorale était de laisser Claude un peu en retrait, même s’il était dans l’organisation, pour me permettre de prendre ma place et me faire connaître. Mais on s’est rapidement rendu compte qu’il a été un député très apprécié et que les gens aiment voir les enfants suivre les traces de leurs parents. On lui a donc fait une place, parce que l’on sentait que ce serait positif. »

Et le fils n’a pas ressenti le besoin de se dissocier du père. « C’est comme si les gens avaient confiance en moi, parce qu’ils se disaient que je suis allé à la bonne école et que mon père serait toujours là pour me conseiller. C’est certain que je suis associé à lui, les gens me demandent d’ailleurs encore de ses nouvelles, mais je n’en ai jamais souffert. Je n’ai pas eu l’impression d’avoir à chausser ses souliers. J’ai mes propres souliers, j’ai seulement la chance d’avoir des souliers avec une bonne génétique. »

Il avoue d’ailleurs consulter son père à l’occasion. « J’ai toute une équipe que je consulte régulièrement, mais il m’arrive de tester mes idées avec Claude. Quand je me suis fait une tête sur quelque chose, je lui demande parfois ce qu’il en pense. Mais je ne l’écoute pas toujours! »

Faire sa place

Si lors des premiers mois, il s’est surtout contenté d’observer ses collègues lors des travaux parlementaires, Etienne-Alexis Boucher commence à faire sa place à Québec.

« J’ai notamment pu m’impliquer à fond dans tout le processus du projet de loi concernant le rapatriement des terres du Mont Orford. L’Assemblée nationale est vraiment un monde fascinant. Les gens en parlent parfois comme d’une tour d’ivoire, mais je pense que c’est très ancré dans la réalité. Tous les intérêts des Québécois finissent par passer par là. C’est même parfois difficile à suivre tellement ça bouge dans plein de domaines. Ça implique beaucoup de travail de préparation, pour être en mesure de jouer son rôle de législateur adéquatement, mais c’est passionnant. »

Au niveau local, le député est surtout fier d’une chose, avoir respecté ses engagements. « Je m’étais engagé à travailler avec les gens pour réaliser cinq projets, et trois d’entre eux se sont déjà concrétisés, soit la subvention pour l’aréna d’Acton Vale, la subvention pour les égouts à Roxton Pond et améliorer l’accessibilité à un médecin de famille dans la région d’Acton. Pour les deux autres, nous ne sommes plus qu’en attente d’une signature du ministre pour la création d’un groupe de médecins de famille dans le Val-Saint-François et je continue à travailler sur un projet d’alimentation responsable dans les institutions. C’était important pour moi de prouver qu’un politicien peut respecter ses engagements. »

Et même si la population fait souvent preuve de cynisme à l’endroit de la classe politique, surtout en cette période où les controverses éthiques ne cessent de s’accumuler, Etienne-Alexis Boucher pense que les gens du comté sont assez satisfaits de son travail.

« En tout cas, personne n’est venu à mon bureau pour me dire que je ne faisais pas bien mon travail! Je pense que jusqu’à maintenant, j’ai réussi à faire mon travail sans faire trop de gaffes et en réalisant quelques bons coups. Mais parfois, j’avoue que j’ai hâte aux prochaines élections, pour voir le jugement que les gens vont porter sur ma performance », conclut le jeune député de 31 ans.

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